Mais pourquoi sont-elles si méchantes ?

Attention, poison !


Il faut savoir que la nature n’est pas toujours aussi aimable, bienfaisante et paisible que l’on pourrait le croire...

La vue de l'herbier virtuel que nous vous présentons a de quoi épouvanter le promeneur qui ne se doute pas qu’il passe à côté de tous les ingrédients d’un "bouillon de onze heures" au cours d’une simple promenade à la campagne.

En réalité, la prudence la plus élémentaire est suffisante pour se prémunir des dangers de la végétation qui nous entoure.
Le principal problème de l’intoxication par les plantes est celui de l’identification botanique, c'est pourquoi notre herbier virtuel vous propose quelques exemples de plantes toxiques.

Les baies sont les plus dangeureuses pour l'enfant car elle sont très attrayantes et, certaines etant comestibles, d'autres, mangées par erreur ou curiosité déclenchant des intoxications, l'enfant ne fait pas la différence.


Comment les plantes sont elles toxiques ?


1) Par la peau, par contact

Certaines plantes sont irritantes au toucher :

Par la sève :
Le latex des ficus et, en particulier du figuier est utilisé pour « brûler « les verrues ; les euphorbes (l’épurge) peuvent occasionner de véritables brûlures de la cornée en cas de projection ; les clématites servaient à entretenir les écrouelles des mendiants du moyen âge !

Par les poils :
Eleagnus, Ortie, Kiwi ( pour ceux qui les mangent avec la peau)

Par des principes phototoxiques :
Ces principes sont des psoralènes qui augmentent la réactivité de la peau aux UVA du soleil en présence d’humidité. Tout le monde peut être concerné.
Les principales familles contenant des psoralènes sont les Rutacées, les Umbelliferaées, les Compositaées, les Renonculécées : Heracleum mantegazzianum ou Grande berce, angélique, céleri aneth, fenouil, rhus typhina, cotinus coggyria, héliotrope, millepertuis, bouton d’or...

Par des réactions phytoallergiques :
Ces réactions ne concernent que certains individus en contact avec certaines plantes : chrysanthèmes, primevères, agrumes, bulbes de tulipes, lantana camara, rhus succedanea, radicans.


2) Par ingestion

Diverses atteintes organiques sont le fait de l'ingestion de plantes toxiques.

Troubles digestifs
Tous les végétaux peuvent entraîner des troubles digestifs en raison de la quantité de cellulose que nous ne pouvons digérer ( effet fibre). Certaines plantes sont capables d’occasionner des atteintes digestives graves pouvant nécessiter une hospitalisation. Par exemple, le ricin, l'arum, le genêt d'espagne et de nombreux bulbes (tulipes, narcisses, jacinthes...)...

Atteintes cardiovasculaires
Toxicité avérée et redoutable : par exemple, la digitale pourpre, l'if, le leurier rose, la cytise, l'aconit...
Toxicité théorique et moins grave : par exemple, le gui, l'hellebor, le muguet...

Atteinte rénale
Le rhubarbe par exemple.

Atteinte sanguine
Par exemple, les fèves, chez certaines personnes atteintes d’un déficit enzymatique particulier, la consommation de fèves, en particulier crues, provoquent une destruction de globules rouges : il s’agit du favisme. Cette affection est surtout rencontrée dans les pays méditérranéens.

Atteinte cellulaire
Les deux toxiques cellulaire les plus connus sont l'amande amère et le colchique.
Les amandes amères, contenus dans les noyaux de divers prunus (abricotier, amandes, pêcher, prunier, laurier cerise…) sont riches en dérivés cyanogénétiques. Quand on mâche une amande amère, il y a libération d’acide cyanhydrique. Cet acide cyanhydrique va produire un blocage de la respiration cellulaire et l’intoxication.
Le colchique, fleur de l’automne ressemblant au crocus, rose violacé. Toutes les parties de la plante contiennent de la colchicine. La colchicine, bien qu’utilisée en thérapeutique est un poison cellulaire, bloquant la division cellulaire. L’intoxication par ingestion se manifeste par des troubles digestifs violents, des troubles sanguins et neurologiques. L’issue peut être dramatique.

Atteinte neurologique
De nombreuses plantes de la famille des solanacées ont une toxicité au niveau du cerveau qui se manifeste par des hallucinations si leurs fruits sont consommés en grande quantité pour morelle noire, douce-amère mais en faible quantité pour la belladone et sont des indésirables des jardins.
Les daturas, toutes les parties de ces plantes sont fortement toxiques.


Prévenir les intoxications par les plantes.


Les jardins, les terrasses ornementales, les balcons fleuris sont de merveilleux terrains d'apprentissages pour l'enfant car ils lui permettent d'être en contact avec la nature et d'une façon générale, avec le monde extérieur.
Il découvre la grande diversité et beauté de son environnement mais il est aussi confronté à ses mystères, à ses dangers, ...
Les risques sont nombreux: organisation de l'espace (arbres, aménagements divers: escaliers, terrasses, bords de riviere,...), pièces d'eau, outils, animaux, proximité de la route, outillage, produits de traitement, barbecue, piscine, .. et aussi "plantes à risques"... thème de cette rubrique.
De plus, de façon naturelle, le jeune enfant, le tout petit a tendance à porter les choses à la bouche, alors, en extérieur avec le tout petit, nous devons faire preuve d'une grande vigilance ...

En intérieur aussi, nous devons faire très attention, car bon nombres de plantes d'intérieur sont toxiques... Epidémiologiquement, c'est le plus souvent avec les plantes d'intérieur qu'on observe le plus d'intoxications chez le tout petit.

Attention aussi aux bouquetx de fleurs fraiches...L'eau des vases où séjournent longtemps des fleurs coupées s'enrichit de matières diverses provenant des tiges et des feuilles. Il y a aussi, bien entendu, un problème de développement de bactéries mais pas seulement, des malaises ont été rapportés après ingestion accidentelle d'eau de jonquille, de narcisse et de muguet.

Le corps de l'enfant réagit de façon plus accentuée que celui de l'adulte et l'ingestion de plantes toxiques peut provoquer de simples troubles (irritation cutanée, vomissements, crampes, troubles du sommeil, diarrhées,...) mais aussi les conséquences peuvent être plus graves voire mortelles.


Le plus sûr, le plus simple et le plus rapide serait de nous débarrasser de toutes les plantes toxiques en notre possession.

Si une telle extrémité ne vous satisfaisait pas complètement :


Une bonne prévention passe par l'anticipation des dangers et la mise en place de protection, une surveillance vigilante mais aussi et surtout par l'apprentissage des dangers.

Ne pas hésitez d'expliquer aux enfants gentiment mais fermement les dangers encourus.

Pour vous aider, vous pouvez visiter avec les enfants "les poisons expliqués aux enfants", un site du centre anti-poisons de Lille.


Que faire en cas d'intoxication par les plantes ?


1) En cas de contact par la plante toxique :


2) En cas d'ingestion de la plante toxique et si l'enfant est conscient :


3) En cas d'ingestion de la plante toxique et si l'enfant est inconscient :


4) En cas d'ingestion de la plante toxique et si l'enfant est inconscient et s'il y a perte des signes vitaux :


5) Que dire lorsque vous contactez les secours ?

Si vous devez contacter un médecin ou le centre antipoison suite à une intoxication par une plante, essayez de leur communiquer un maximum d'informations afin de leur permettre d'agir au mieux. Parmi celles-ci :


De plus, si les secours doivent intervenir rapidement à votre domicile, donnez :


6) Les centres anti-poisons en France

Ville   Adresse  Téléphone 
Angers   Centre Anti-Poisons d'Angers
Centre Hospitalier d'Angers
4, rue Larrey
49100 Angers cedex 
02 41 48 21 21 
Bordeaux  Centre Anti-Poisons de Bordeaux
Hopital Pellegrin-Tripode
Place Amelie Raba-Leon
33076 Bordeaux cedex 
05 56 96 40 80  
Grenoble  Centre de Toxicovigilance
Hopital Albert Michallon
Service de médecine interne
38043 Grenoble Cedex  
04 76 76 56 46 
Lille  Centre Anti-Poisons de Lille
5, avenue Oscar Lambret
59037 Lille Cedex France
www.chru-lille.fr/cap/lille.htm  
0825 812 822 
Lyon  Centre Anti-Poisons de Lyon
Hôpital Edouard Herriot
5, place d'Arsonval
69003 Lyon 
04 72 11 69 11 
Marseille  Centre Anti-Poisons de Marseille
Hôpital Salvator
249, boulevard Ste-Marguerite
13003 Marseille Cedex 9 
04 91 75 25 25 
Nancy  Centre Anti-Poisons de Nancy
Hôpital Central
29 avenue du M. de Lattre-de-Tassigny
54035 Nancy Cedex 
03 83 32 36 36 
Paris  Centre Anti-Poisons de Paris
Hôpital Fernand Widal
200, rue du Faubourg Saint-Denis
75475 Paris Cedex 10 
01 40 05 48 48 
Reims  Centre de Toxicovigilance
Hôpital Maison Blanche
45 rue Cognac-Jay
51092 Reims Cedex 
03 26 78 48 21 
Rennes  Centre Anti-Poisons de Rennes
Hôpital de Pontchaillou
2, avenue Henri-Le-Guilloux
35033 Rennes cedex 
02 99 59 22 22 
Rouen  Centre de Toxicovigilance
Hôpital Charles Nicolle
1, rue de Germont
76031 Rouen Cedex 
02 35 88 44 00 
Strasbourg  Centre Anti-Poisons de Strasbourg
Hôpitaux Universitaires
1, place de l'Hôpital
67000 Strasbourg 
03 88 37 37 37 
Toulouse  Centre Anti-Poisons
Hôpital de Purpan
Place du Docteur Baylac
31059 Toulouse Cedex 
05 61 77 74 47 


Et le tétanos ?


Le tétanos est une maladie infectieuse grave ; elle est souvent mortelle. Elle est due à la sécrétion d’une toxine par un bacille anaérobie (qui vit sans oxygène) qui s’appelle le Clostridium Tetani.

Le germe du tétanos se trouve dans l’environnement rural ou urbain : terre, boue, poussière... Il est donc présent quasiment partout. Toutefois certains départements sont plus infestés que d’autres, par exemple la Meurthe et Moselle, l’Allier...

Le germe du tétanos pénètre dans le corps à l’occasion de lésions de la peau, le plus souvent pas des petites plaies ou des coupures légères qui semblent à première vue sans gravité.
S'il y a hémorragie, l'infection est impossible puisque la bactérie qui cause le tétanos est strictement anaérobie

Les piqures par une épine de rose peuvent transmettre le tétanos... Voilà une idée très répandue mais aussi très contre-versée, y compris au sein du corps médical.

Dans le doute, en cas de piqure :


Plantes toxiques et assistantes maternelles


Les assistantes maternelles doivent êre très vigilante pour prévenir le risque d'intoxication par les plantes toxiques.

Nous rapellons que la Chambre Civile de la Cour de Cassation s'est très clairement prononcée pour l'existence d'une obligation de résultat en matière de surveillance et de sécurité dans un arrêt de 1982 (Cours de Cassation, 1er chambre civile, 13 janvier 1982, bulletin civil, 1982,1er partie, n°24).

De ce fait le dommage subit par l'enfant fait en quelque sorte présumer de la faute de surveillance ; sauf si l'assistante maternelle peut établir que le dommage est dû soit à un cas de force majeure, au fait d'un tiers ou à une faute du mineur lui-même (encore faut-il, que l'enfant très jeune (l'infans) puisse être considéré comme fautif...)

C'est pourquoi nous encourageons les assistantes maternelles à prendre des mesures draconiennes pour prémunir l'enfant des dangers d'intoxications par les plantes toxiques.




Cliquez ici pour laisser un commentaire


Ce sujet vous a plu, vous pouvez lire aussi



Mise en ligne le 9 août 2009

Découvrez toutes nos ressources