- Mais pourquoi sont-elles si méchantes ?
- Comment les plantes sont elles toxiques ?
- Prévenir les intoxications des enfants par les plantes.
- Que faire en cas d'intoxication par les plantes
- Herbier virtuel des plantes toxiques : pour essayer de les indentifier.
- Et le tétanos ?
- Plantes toxiques et assistante maternelles.
Mais pourquoi sont-elles si méchantes ?
Il faut savoir que la nature n’est pas toujours aussi aimable, bienfaisante et paisible que l’on pourrait le croire...
La vue de l'herbier virtuel que nous vous présentons a de quoi épouvanter le promeneur qui ne se doute pas qu’il passe à côté de tous les ingrédients d’un "bouillon de onze heures" au cours d’une simple promenade à la campagne.
En réalité, la prudence la plus élémentaire est suffisante pour se prémunir des dangers de la végétation qui nous entoure.
Le principal problème de l’intoxication par les plantes est celui de l’identification botanique, c'est pourquoi notre herbier virtuel vous propose quelques exemples de plantes toxiques.
Les baies sont les plus dangeureuses pour l'enfant car elle sont très attrayantes et, certaines etant comestibles, d'autres, mangées par erreur ou curiosité déclenchant des intoxications, l'enfant ne fait pas la différence.
Comment les plantes sont elles toxiques ?
1) Par la peau, par contact
Certaines plantes sont irritantes au toucher :
Par la sève :
Le latex des ficus et, en particulier du figuier est utilisé pour « brûler « les verrues ; les euphorbes (l’épurge) peuvent occasionner de véritables brûlures de la cornée en cas de projection ; les clématites servaient à entretenir les écrouelles des mendiants du moyen âge !
Par les poils :
Eleagnus, Ortie, Kiwi ( pour ceux qui les mangent avec la peau)
Par des principes phototoxiques :
Ces principes sont des psoralènes qui augmentent la réactivité de la peau aux UVA du soleil en présence d’humidité. Tout le monde peut être concerné.
Les principales familles contenant des psoralènes sont les Rutacées, les Umbelliferaées, les Compositaées, les Renonculécées : Heracleum mantegazzianum ou Grande berce, angélique, céleri aneth, fenouil, rhus typhina, cotinus coggyria, héliotrope, millepertuis, bouton d’or...
Par des réactions phytoallergiques :
Ces réactions ne concernent que certains individus en contact avec certaines plantes : chrysanthèmes, primevères, agrumes, bulbes de tulipes, lantana camara, rhus succedanea, radicans.
2) Par ingestion
Diverses atteintes organiques sont le fait de l'ingestion de plantes toxiques.
Troubles digestifs
Tous les végétaux peuvent entraîner des troubles digestifs en raison de la quantité de cellulose que nous ne pouvons digérer ( effet fibre). Certaines plantes sont capables d’occasionner des atteintes digestives graves pouvant nécessiter une hospitalisation. Par exemple, le ricin, l'arum, le genêt d'espagne et de nombreux bulbes (tulipes, narcisses, jacinthes...)...
Atteintes cardiovasculaires
Toxicité avérée et redoutable : par exemple, la digitale pourpre, l'if, le leurier rose, la cytise, l'aconit...
Toxicité théorique et moins grave : par exemple, le gui, l'hellebor, le muguet...
Atteinte rénale
Le rhubarbe par exemple.
Atteinte sanguine
Par exemple, les fèves, chez certaines personnes atteintes d’un déficit enzymatique particulier, la consommation de fèves, en particulier crues, provoquent une destruction de globules rouges : il s’agit du favisme. Cette affection est surtout rencontrée dans les pays méditérranéens.
Atteinte cellulaire
Les deux toxiques cellulaire les plus connus sont l'amande amère et le colchique.
Les amandes amères, contenus dans les noyaux de divers prunus (abricotier, amandes, pêcher, prunier, laurier cerise…) sont riches en dérivés cyanogénétiques. Quand on mâche une amande amère, il y a libération d’acide cyanhydrique. Cet acide cyanhydrique va produire un blocage de la respiration cellulaire et l’intoxication.
Le colchique, fleur de l’automne ressemblant au crocus, rose violacé. Toutes les parties de la plante contiennent de la colchicine. La colchicine, bien qu’utilisée en thérapeutique est un poison cellulaire, bloquant la division cellulaire. L’intoxication par ingestion se manifeste par des troubles digestifs violents, des troubles sanguins et neurologiques. L’issue peut être dramatique.
Atteinte neurologique
De nombreuses plantes de la famille des solanacées ont une toxicité au niveau du cerveau qui se manifeste par des hallucinations si leurs fruits sont consommés en grande quantité pour morelle noire, douce-amère mais en faible quantité pour la belladone et sont des indésirables des jardins.
Les daturas, toutes les parties de ces plantes sont fortement toxiques.
Prévenir les intoxications par les plantes.
Les jardins, les terrasses ornementales, les balcons fleuris sont de merveilleux terrains d'apprentissages pour l'enfant car ils lui permettent d'être en contact avec la nature et d'une façon générale, avec le monde extérieur.
Il découvre la grande diversité et beauté de son environnement mais il est aussi confronté à ses mystères, à ses dangers, ...
Les risques sont nombreux: organisation de l'espace (arbres, aménagements divers: escaliers, terrasses, bords de riviere,...), pièces d'eau, outils, animaux, proximité de la route, outillage, produits de traitement, barbecue, piscine, .. et aussi "plantes à risques"... thème de cette rubrique.
De plus, de façon naturelle, le jeune enfant, le tout petit a tendance à porter les choses à la bouche, alors, en extérieur avec le tout petit, nous devons faire preuve d'une grande vigilance ...
En intérieur aussi, nous devons faire très attention, car bon nombres de plantes d'intérieur sont toxiques... Epidémiologiquement, c'est le plus souvent avec les plantes d'intérieur qu'on observe le plus d'intoxications chez le tout petit.
Attention aussi aux bouquetx de fleurs fraiches...L'eau des vases où séjournent longtemps des fleurs coupées s'enrichit de matières diverses provenant des tiges et des feuilles. Il y a aussi, bien entendu, un problème de développement de bactéries mais pas seulement, des malaises ont été rapportés après ingestion accidentelle d'eau de jonquille, de narcisse et de muguet.
Le corps de l'enfant réagit de façon plus accentuée que celui de l'adulte et l'ingestion de plantes toxiques peut provoquer de simples troubles (irritation cutanée, vomissements, crampes, troubles du sommeil, diarrhées,...) mais aussi les conséquences peuvent être plus graves voire mortelles.
Le plus sûr, le plus simple et le plus rapide serait de nous débarrasser de toutes les plantes toxiques en notre possession.
Si une telle extrémité ne vous satisfaisait pas complètement :
- Veillez à ce que les enfants ne puissent approcher ou escalader ces plantes toxiques. Placez les plantes hors de leur portée.
- Dans le jardin, placez des clôtures aux pieds des plantes toxiques.
- Cloturez les espaces jeux.
- Ne plantez pas de plantes dangereuses à proximité de leurs aires de jeu, de la balançoire ou de leur bac à sable.
- Apprenez à vos enfants qu'il leur est interdit de manger une plante, quelle qu'elle soit, de même il st interdit de la porter à la bouche pour la suçoter ou la machouiller. Expliquez pourquoi et décrivez quelles peuvent être les conséquences d'une intoxications, y compris les conséquences els plus graves.
- Apprenez aux enfants quil ne faut cueillir que les plantes parfaitement que l'on connaît et que cette règle vaut aussi pour les adultes,
- Apprenez-leur aussi à reconnaître les plantes toxiques.
- Pendant les travaux de jardinage, utilisez des gants, évitez de vous toucher les yeux et de toucher votre enfant sans les retirer.
- De même apprenez à vos enfants à utiliser des gants de façon systématique lorsqu'ils participent ou font de petits travaux de jardinage
- Identifiez chaque plante. A l’achat d’une plante, il est utile de conserver son nom écrit sur une étiquette placée sur le pot. Dans le jardin, faites un inventaire reprenant les noms des plantes présentes. En cas d’accident, vous disposerez rapidement des informations utiles.
- Attention : Certains colliers artisanaux constitués de graines de plantes (graines de ricin, pois rouge...) peuvent s'avérer très toxiques !
Une bonne prévention passe par l'anticipation des dangers et la mise en place de protection, une surveillance vigilante mais aussi et surtout par l'apprentissage des dangers.
Ne pas hésitez d'expliquer aux enfants gentiment mais fermement les dangers encourus.
Pour vous aider, vous pouvez visiter avec les enfants "les poisons expliqués aux enfants", un site du centre anti-poisons de Lille.
Que faire en cas d'intoxication par les plantes ?
1) En cas de contact par la plante toxique :
- Rincez abondamment la peau à l'eau en laissant couler de l'eau propre sur la partie contaminée pendant au moins 15 minutes,
- Ne laissez pas l'enfant au soleil,
- N'appliquez ni crème, ni pommade sans avis médical,
- Téléphonez à un centre anti-poison ((01-40-05-48-48, par exemple). Consultez un médecin ou demandez conseil à un pharmacien.
2) En cas d'ingestion de la plante toxique et si l'enfant est conscient :
- Sortez les morceaux de plante qui restent dans la bouche de l'enfant et conservez-les.
- Donnez-lui à boire beaucoup d'eau.
- Appelez un centre anti-poison (01-40-05-48-48, par exemple), un médecin ou composez le 15 pour appelez le SAMU, ou bien composez le numéro d'urgence le 112, sans attendre l'apparition de symptômes.
- Ne faites pas vomir votre enfant sans avis médical mais si il vomit de lui même, conservez la vomissure.
- Si l'enfant vomit ou exprime qu'il va vomir, placer en position latérale de sécurité.
3) En cas d'ingestion de la plante toxique et si l'enfant est inconscient :
- Placez l'enfant sur le dos et déterminez son état de conscience,
- Sortez les morceaux de plante qui restent dans la bouche de l'enfant et conservez-les. Pour vérifier l'arrière gorge, une fois l'enfant étendu, placer le pouce sur l'arrière de la langue et soulever la machoire inférieure et la langue vers le haut pour mieux visualiser l'arrière gorge, si des fragments de plantes sont visibles, les retirer délicatemetn avec l'index de l'autre main en crochet,
- Vérifiez les signes vitaux, c'est à dire que l'enfant respire et que son coeur bat,
- Placez l'enfant en position latérale de sécurité,
- Appelez le SAMU, c'est à dire composez le 15 rapidement ou bien composez le numéro d'urgence le 112.
- Attendre les secours auprès de l'enfant en surveillant à intervalles régulier les signes vitaux,
- Transmettre tous les renseignements pertinents au personnel de secours.
4) En cas d'ingestion de la plante toxique et si l'enfant est inconscient et s'il y a perte des signes vitaux :
- Appelez le SAMU, c'est à dire composez le 15 rapidement ou bien composez le numéro d'urgence le 112,
- Commencez la réanimation,
- Des que l'enfant a l e coeur qui bat et respire, placez le en position latérale de sécurité,
- Attendre les secours auprès de l'enfant en surveillant à intervalles régulier les signes vitaux,
- Transmettre tous les renseignements pertinents au personnel de secours.
5) Que dire lorsque vous contactez les secours ?
Si vous devez contacter un médecin ou le centre antipoison suite à une intoxication par une plante, essayez de leur communiquer un maximum d'informations afin de leur permettre d'agir au mieux. Parmi celles-ci :
- Le nom de la plante.
- Si vous ne le connaissez pas, arrachez une partie de la plante si elle est éloignée du téléphone et décrivez-la avec précision.
- La partie de la plante qui pourrait être la cause de l'empoisonnement : feuille, fleur, baie, branche, racine...
- La quantité ingérée supposée.
- Le type de contact supposé : ingestion, succion, toucher...
- Le délai écoulé depuis ce contact.
- Les réactions déjà visibles : diarrhée, éruption cutanée, dilatation des pupilles, démangeaison, larmoiement, vomissement...
- L'âge et le poids de votre enfant.
- Les particularités propres à sa santé : médicaments pris la semaine écoulée, maladies...
De plus, si les secours doivent intervenir rapidement à votre domicile, donnez :
- Votre nom et le numéro de téléphone que vous utilisez ;
- L’adresse très précise du lieu de l’accident ;
- La situation ;
- Le nombre de victime et leur état ;
- Les gestes que vous avez réalisés;
- Et demandez la permission de raccrocher.
6) Les centres anti-poisons en France
| Ville | Adresse | Téléphone |
| Angers |
Centre Anti-Poisons d'Angers Centre Hospitalier d'Angers 4, rue Larrey 49100 Angers cedex |
02 41 48 21 21 |
| Bordeaux |
Centre Anti-Poisons de Bordeaux Hopital Pellegrin-Tripode Place Amelie Raba-Leon 33076 Bordeaux cedex |
05 56 96 40 80 |
| Grenoble |
Centre de Toxicovigilance Hopital Albert Michallon Service de médecine interne 38043 Grenoble Cedex |
04 76 76 56 46 |
| Lille |
Centre Anti-Poisons de Lille 5, avenue Oscar Lambret 59037 Lille Cedex France www.chru-lille.fr/cap/lille.htm |
0825 812 822 |
| Lyon |
Centre Anti-Poisons de Lyon Hôpital Edouard Herriot 5, place d'Arsonval 69003 Lyon |
04 72 11 69 11 |
| Marseille |
Centre Anti-Poisons de Marseille Hôpital Salvator 249, boulevard Ste-Marguerite 13003 Marseille Cedex 9 |
04 91 75 25 25 |
| Nancy |
Centre Anti-Poisons de Nancy Hôpital Central 29 avenue du M. de Lattre-de-Tassigny 54035 Nancy Cedex |
03 83 32 36 36 |
| Paris |
Centre Anti-Poisons de Paris Hôpital Fernand Widal 200, rue du Faubourg Saint-Denis 75475 Paris Cedex 10 |
01 40 05 48 48 |
| Reims |
Centre de Toxicovigilance Hôpital Maison Blanche 45 rue Cognac-Jay 51092 Reims Cedex |
03 26 78 48 21 |
| Rennes |
Centre Anti-Poisons de Rennes Hôpital de Pontchaillou 2, avenue Henri-Le-Guilloux 35033 Rennes cedex |
02 99 59 22 22 |
| Rouen |
Centre de Toxicovigilance Hôpital Charles Nicolle 1, rue de Germont 76031 Rouen Cedex |
02 35 88 44 00 |
| Strasbourg |
Centre Anti-Poisons de Strasbourg Hôpitaux Universitaires 1, place de l'Hôpital 67000 Strasbourg |
03 88 37 37 37 |
| Toulouse |
Centre Anti-Poisons Hôpital de Purpan Place du Docteur Baylac 31059 Toulouse Cedex |
05 61 77 74 47 |
Et le tétanos ?
Le tétanos est une maladie infectieuse grave ; elle est souvent mortelle. Elle est due à la sécrétion d’une toxine par un bacille anaérobie (qui vit sans oxygène) qui s’appelle le Clostridium Tetani.
Le germe du tétanos se trouve dans l’environnement rural ou urbain : terre, boue, poussière... Il est donc présent quasiment partout. Toutefois certains départements sont plus infestés que d’autres, par exemple la Meurthe et Moselle, l’Allier...
Le germe du tétanos pénètre dans le corps à l’occasion de lésions de la peau, le plus souvent pas des petites plaies ou des coupures légères qui semblent à première vue sans gravité.
S'il y a hémorragie, l'infection est impossible puisque la bactérie qui cause le tétanos est strictement anaérobie
Les piqures par une épine de rose peuvent transmettre le tétanos... Voilà une idée très répandue mais aussi très contre-versée, y compris au sein du corps médical.
Dans le doute, en cas de piqure :
- Nettoyez toute plaie souillée par de la terre ou provoquée par des épines à l'eau et au savon,
- Puis, désinfectez avec du péroxyde d'hydrogène (eau oxygénée) à 10 volumes. Dans ce cas, il faut absolument désinfectez avec de l'eau oxygénée car la bactérie responsable du tétanos est anaérobie, c'est à dire qu'elle ne survit pas à l 'oxygène,
- Si la plaie est sévère (tissus morts), elle doit être débridée (ablation des tissus nécrosés) puis désinfectée à nouveau sous prescription médicale,
- Vérifiez que l'enfant a bien été vacciné,
- Si non, contactez au plus vite le medecin pour un traitement prophylactique d’immunoglobulines anti-tétaniques et une vaccination.
Plantes toxiques et assistantes maternelles
Les assistantes maternelles doivent êre très vigilante pour prévenir le risque d'intoxication par les plantes toxiques.
Nous rapellons que la Chambre Civile de la Cour de Cassation s'est très clairement prononcée pour l'existence d'une obligation de résultat en matière de surveillance et de sécurité dans un arrêt de 1982 (Cours de Cassation, 1er chambre civile, 13 janvier 1982, bulletin civil, 1982,1er partie, n°24).
De ce fait le dommage subit par l'enfant fait en quelque sorte présumer de la faute de surveillance ; sauf si l'assistante maternelle peut établir que le dommage est dû soit à un cas de force majeure, au fait d'un tiers ou à une faute du mineur lui-même (encore faut-il, que l'enfant très jeune (l'infans) puisse être considéré comme fautif...)
C'est pourquoi nous encourageons les assistantes maternelles à prendre des mesures draconiennes pour prémunir l'enfant des dangers d'intoxications par les plantes toxiques.
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Mise en ligne le 9 août 2009

